Réduire la voilure
- Laetitia Bailly
- 4 juil.
- 2 min de lecture

Avez-vous pris le temps d’un café ou d’un thé chaud ou glacé depuis mon dernier billet ?
Voulez-vous suspendre votre lecture pour vous préparer une boisson et vous mettre en condition ?
Vous pourriez survoler ce texte ou y plonger, équipé d’une attention pleine et entière.
Comme souvent, cette nouvelle pause d’écriture a surgi d’une conversation apparemment banale. Cette fois-ci, elle a même émergée d’un immense fou rire avec mon fils dans une station de métro athénienne.
En voyant arriver le métro, il s’est esclaffé “Il arrive tout droit du siècle dernier !”. J’ai souri puis de l’entendre rire ainsi, j’ai ri de bon cœur avant de monter dans la rame.
Mais cette boutade est venue télescoper des cogitations qui vibrent en trame de fond de mon mental depuis mon arrivée en Grèce.
“Les épiceries de quartier n’ont pas disparu au profit d’hypermarchés hyperexcentrés”. “Les petits biscuits s’achètent au détail dans toutes les boulangeries”. “Des vendeurs ambulants proposent un paquet de mouchoirs ou une barre de chocolat”. “Il n’y a pas d’enseigne mondiale sur Lesbos et très peu à Athènes”. “Les scooters sont plus nombreux que les voitures ; ils font l’objet d’entretien qui leur permet de traverser les décennies”.
Peut-être que la crise économique, qui a démarré en 2008, a tenu la Grèce à l’écart de la course à la consommation ? Peut-être que le bleu égéen protège de l’accélération ? Peut-être que la chaleur protège de l’excès ?
Ici, je médite, je lis, j’écris, je travaille, je me baigne, je fais mes achats sur le chemin, au passage. Je goûte au minimalisme détendu.
Ici, la tentation vient de la mer, pas de la tête de gondole. Les températures obligent à écouter le corps pour s’adapter et apprécier la journée. On se retrouve à partager l’ombre du pin maritime.
Je réinitialise mon minimalisme. Il s’agit d’écouter attentivement nos besoins et de faire avec ce qui est disponible. Je n’ai pas besoin du menu le plus avantageux, j’ai besoin de manger. Je n’ai pas besoin d’un spa, j’ai besoin de me détendre et l’eau me procure ce relâchement. Découvrir nourrit mes besoin de compréhension, d’épanouissement et de partage. Je fais des découvertes dans les recoins de mon quartier tout autant que dans des contrées lointaines.
Lire une seule page peut m’emporter loin de moi ou profondément en moi. Faire quelques brasses suffisent à me délasser. Peu de mots laborieusement appris en grec nourrissent une connexion profonde à mon voisin de banc public.
La quête de l’abondance qui inonde le développement personnel est bien loin. C’est la rareté qui rend chaque chose précieuse, par le biais de l’attention qu’on leur offre. C’est la connexion à soi, à l’autre, au monde qui donne l’intensité à ce que l’on vit.
Joshua Becker nous rappelle que l’on achète pas les objets avec de l’argent mais avec des heures de notre vie. Je vous souhaite d’utiliser ces heures de votre vie pour ce qui vous est essentiel !
Je vous proposerai un temps de méditation égéenne courant juillet, au plaisir de partager un retour à l’essentiel avec vous.



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