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Cafés de Grèce ou d'ailleurs

  • Photo du rédacteur: Laetitia Bailly
    Laetitia Bailly
  • 6 juin
  • 3 min de lecture

La réflexion de mon amie au sujet de cette photo du café grec m’a mise sur la piste de ce deuxième billet. Elle m’a proposé de faire un recueil sur les cafés du monde.

Je ne relèverai pas ce défi mais il m’a mise sur la voie d’un billet sur le café.

Le recueil des recettes relèverait plutôt de la gastronomie tandis que la confection d’un café et sa dégustation sont des pratiques psychiques.


Comme les conversations légères peuvent être des camouflages pour des réflexions importantes, mes billets sont des prétextes pour évoquer ce qui, profond, intense ou complexe ne se laisse saisir que dans la métaphore. Le bon café est pour moi une allégorie de la présence pleine et entière.


 Ma maman a l’art de détendre les atmosphères qui se sont crispées autour d’un sujet sensible par un “Je vais faire un café”. C'est son calumet de la paix. Faire le café lui donne un temps et un espace sécure, dans le retrait de la cuisine, pour réguler ses émotions. Puis, avec la tasse servie, elle offre à chacun la possibilité de se recentrer, de s’apaiser dans la chaleur de la porcelaine ou de la céramique entre les mains, dans le goût de l’arabica ou du robusta ou dans la contemplation des volutes qui s’élèvent d’autant plus qu’il fait froid. Les sens étant posés, le sujet est moins piquant, moins brûlant . Alors seulement, il peut circuler entre nous et se déployer.


Ma grand-mère, elle, était maîtresse dans l’art de préparer le café, comme une pratique de pleine conscience : Soigneusement plier le filtre, le placer dans le porte-filtre de la cafetière, y déposer une cuillerée de chicorée et enfin une cuillerée de café pour chaque tasse prévue. Mon grand-père a poursuivi ce rituel après elle. Puis, j’ai retrouvé quelque chose de similaire, des années plus tard, en apprenant à préparer le café soudanais : faire chauffer l’eau, choisir et doser ensemble les épices, cardamome, cannelle, gingembre, quand l’eau frémit y mélanger le café et les épices, ne pas oublier le sucre, autant qu’il faut pour adoucir les amertumes de la vie et veiller jusqu’à ce que cela bout. Cette cérémonie de préparation du café, en  ouvrant les sens apaise et aiguise les pensées, ralentit le rythme de la journée. Elle nous ramène à nous et offre une occasion de rencontrer l’autre depuis notre intériorité.


En m’installant à Mytilène, j’ai trouvé deux cafetières grecques dans l’appartement que je partage, une toute simple en inox et une ouvragée, enluminée. Mon colocataire a préparé mon premier café dans la plus jolie des deux en couvant le bouillonnement des yeux pour qu’il fasse une belle mousse sans déborder. Si avec mon papa, le café est un alibi pour papoter joyeusement ou discuter sérieusement, ce premier café a été partagé dans un silence concentré et confortable. Depuis, je prépare chaque matin un café dans cette jolie cafetière en faisant attention à la formation de la mousse. C’est un bel exercice de pleine présence. Impossible de laisser le café se préparer seul sans qu’il déborde. Si je me laisse distraire par une conversation ou mes affaires à rassembler, alors  la mousse s’échappe. Me faire un bon café est ma méditation matinale.


Un café réussi offre de la présence à soi, de présence à l’autre. La distance ne me permet pas de vous préparer le café mais je vous propose de prendre un temps de pleine présence ensemble. En effet, si vous avez le temps de boire un café (ou toute autre boisson) alors vous avez le temps de méditer ! 


Nous pouvons nous retrouver le mardi 23 juin à 9h00, heure française,  avec une boisson. Pour cela, rendez-vous sur mon site, à la page méditation, pour vous abonner à la chaîne Méditations en mer Egée.

 
 
 

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